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Bien gérer les contrastes : les astuces

Il y a des notions importantes à connaître lorsqu’on débute en photographie. Le contraste en fait partie. Le contraste se définit comme l’écart entre les tons sombres et les tons clairs. Pour simplifier : une image très contrastée comportera presque que du blanc et du noir, tandis qu’une image peu contrastée contiendra énormément de valeurs intermédiaires, et pas nécessairement de véritables blancs et noirs.

Pour améliorer le contraste d’une photo afin d’obtenir un cliché professionnel, les photographes utilisent fréquemment les logiciels de retouche photo. La répartition lumineuse sur l’image dépend de l’émotion que le professionnel souhaite faire passer. La gestion des contrastes ne s’effectue pas uniquement à la phase de développement. Il existe aussi des astuces pour gérer les contrastes lors de la prise de vues pour rendre en photo ce que l’œil a vu ou ce que le cerveau veut montrer.

Sommaire

Petit rappel sur l’indice de lumination

En photographie, tout n’est que lumière. Ainsi, faire de la photo revient à jouer avec la lumière qui arrive sur le capteur (numérique) ou la pellicule (argentique). L’indice de lumination désigne la quantité de lumière introduite dans un appareil photo grâce à la molette de correction d’exposition. Elle est exprimée en IL, mais également en STOP, EV ou DIAPH. Le problème qui se pose, c’est que le support qui enregistre l’image dispose d’une plage dynamique bien moins étendue que celle de l’œil humain. Il n’est pas en mesure de faire ressortir en photo toutes les nuances de luminosité et de couleurs qui émanent d’une scène.

En effet, selon que le photographe choisit de poser pour les hautes lumières ou pour les ombres :

  • soit une partie capturera plus de nuances et le reste sera sombre, sans détail ;
  • soit à l’inverse, il y aura du détail à peu près partout et une partie sera toute blanche ou cramée.

 

Dans les deux cas, la photo peut être qualifiée de ratée. La solution n’est pas dans l’achat d’un nouveau boîtier ou d’un objectif plus performant. Il faudrait explorer d’autres pistes.

Comment bien gérer les contrastes 2

Recomposer l’image

L’une des façons les plus efficaces de gérer les contrastes est de recomposer l’image lors de la prise de vue. Il s’agit en d’autres termes d’exposer le sujet de la photo afin que la dynamique de la nouvelle composition se retrouve dans celle de l’appareil. Pour le photographe, cela implique concrètement de supprimer du cadre ce qu’il n’a pas l’intention d’exposer et de réduire certaines zones qui apparaissent dans la composition pour n’en garder que l’essentiel, en utilisant par exemple une focale plus longue, en zoomant ou en se rapprochant. Ce faisant, toutes les nuances de luminosité peuvent être vues par l’appareil.

Prenons l’exemple d’un décor de bord de mer qu’un photographe souhaite capturer à l’aide d’un reflex, d’un hybride ou d’un bridge. Le ciel nuageux, le soleil, le sable, une zone rocheuse et une grotte composent le paysage. L’appareil photo n’est pas en mesure de distinguer tous les détails de la scène et de reproduire exactement les différentes couleurs en photo. Le photographe devra donc bien sélectionner sa composition. S’il a l’intention d’exposer la zone rocheuse et la grotte, il devra sortir le soleil du cadre de l’image ainsi que le ciel et les nuages et zoomer sur la grotte pour minimiser la portée des tons extrêmement clairs.

Photographier au format RAW

Il est plus judicieux d’opter pour le format RAW pour la prise de vues. C’est en fait l’image brute telle qu’elle a été enregistrée par le capteur. Ce type de format présente deux principaux atouts en ce qui concerne la gestion des contrastes.

Le premier avantage, c’est qu’il est capable d’assimiler une plage dynamique plus large que le JPG. En effet, avec ce réglage, l’image est codée sur 14 bits voire 16 alors qu’une image JPG est codée sur 8 bits. La traduction est simple : une image enregistrée au fichier RAW enregistre plus de détails dans les hautes lumières et dans les ombres. Cela règle une partie du problème de mauvaise répartition des nuances. C’est très utile lors des prises de vues dans les milieux difficiles.

Le second avantage du format RAW, c’est qu’il offre plus de possibilités au post-traitement. L’image qui n’est pas parfaite à la prise de vue sera ainsi totalement magnifiée à l’étape du développement en partie grâce à l’amélioration du contraste. L’opération consistera à corriger un contraste excessif ou insuffisant, sans dégrader la qualité de l’image, en utilisant des logiciels de retouche.

Atténuer l’écart de luminance à la prise de vue

Une photographie peu contrastée est facile à gérer en postproduction pour un rendu beaucoup plus attrayant. Il suffit de filtrer les tons moyens et de privilégier les tons extrêmes pour augmenter le contraste. En revanche, une scène très contrastée est assez délicate à corriger, car le photographe a posé soit pour les hautes lumières soit pour les ombres. Dans ces conditions, il est conseillé de réduire au maximum l’écart de luminance à la prise de vue. Pour ce faire, les professionnels utilisent différentes techniques.

Le HDR

Le HDR (High Dynamic Range) — en français plage dynamique étendue —, est une technique qui consiste à régler sur le boîtier une fourchette d’exposition dès la prise de vue. On parle de bracketing d’exposition qui se caractérise par une exposition multiple au cours d’un seul déclenchement. Concrètement, il s’agit de prendre plusieurs photos, le plus souvent 3, identiques en termes de cadrage et de profondeur de champ, en mode priorité ouverture (A ou Av) ou en mode manuel (M).

Avec ce type de paramétrage, la première image sera exposée dans les tons clairs, la deuxième image dans les tons moyens et la troisième dans les tons sombres. La contrainte de la dynamique réduite des appareils photo est ainsi éliminée. Il suffit par la suite, dans un logiciel de montage photo, d’assembler les zones bien exposées pour obtenir une image avec un joli contraste, sans surexposition ni sous-exposition.

Les filtres

En utilisant des filtres, il est possible de rééquilibrer les tons dès la prise de vues. Deux types de filtres permettent cet ajustement :

  • le filtre dégradé gris neutre (filtre GND) : il permet d’assombrir la zone la plus claire de l’image, sans pour autant affecter l’autre partie. La réduction de l’écart entre haute et basse lumière favorise une meilleure exposition de la scène ;
  • le filtre polarisant : il permet d’éliminer partiellement la lumière blanche, et donc de diminuer le contraste naturel de la scène photographiée. Le capteur peut ainsi enregistrer l’intégralité des tonalités présentes sur une scène au moment de la prise de vues.

Le fill-in au flash

Ce terme désigne l’opération qui consiste à utiliser le flash pour déboucher ou remplir les ombres. Le flash de l’appareil est déclenché, même si la lumière est suffisante, afin de rééquilibrer le contraste entre hautes et basses lumières. Ainsi, les détails peuvent être parfaitement visibles sur des ombres trop marquées (sujet à contre-jour par exemple). Il est aussi opportun d’utiliser le flash si la scène est statique.

Cependant, l’effet peut s’avérer trop présent, et l’éclairage aura tendance à être artificiel. Dans ce cas, il faut sous-exposer légèrement le flash via la touche dédiée ou réduire manuellement sa puissance.

Comment bien gérer les contrastes 3

Utiliser un logiciel de retouche photo

La phase de développement est l’étape ultime. Elle permet de faire passer les photos de l’état numérique à l’état physique pour les conserver encore longtemps. Le problème, c’est que souvent beaucoup de clichés sont inutilisables en l’état. Ce n’est pas perdu pour autant, car la qualité des images peut être améliorée en postproduction. Les logiciels de retouches photo permettent de rattraper la majorité des problématiques d’exposition dues au photographe ou à son appareil. Lightroom, Luminar, Capture One, Photoshop, etc., le choix est large en fonction des équipements informatiques du photographe. Heureusement, la plupart des logiciels de retouche photo disponibles sur le marché, qu’ils soient gratuits ou payants, permettent de retoucher efficacement le contraste des images. Si les fonctionnalités peuvent différer d’un logiciel à un autre, les étapes pour contraster une photo sont identiques, à savoir :
  • forcer les blancs ;
  • intensifier les noirs ;
  • jouer avec les hautes lumières ;
  • agir sur les ombres.
Le réglage « contraste » est disponible sur ces logiciels. Il permet d’augmenter l’écart entre les zones les plus claires et les zones les plus sombres. Il peut être tentant de l’utiliser vu qu’il est spécialement programmé pour cet usage. Cependant, dans la pratique, le résultat est rarement celui espéré. C’est pour cela que nombre de professionnels s’en passent ou l’utilisent en dernier recours pour affiner le rendu final. En conclusion, il y a plusieurs façons de gérer les contrastes. On peut associer différentes techniques pour obtenir une photographie équilibrée et agréable à l’œil.
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