5 bonnes raisons de devenir photographe!

En plastique comme les Instamatic, en carton jetable pour une utilisation unique, en kit à fabriquer soi-même avec une boîte d’allumette, en instantané comme le Polaroid avec son lot de cartouches, en fer ou en titane comme les pros mais d’occase, on a tous eu au pied du sapin un appareil photographique entre les mains. Beaucoup ont remisé cet attrape-images avec leurs souvenirs d’enfance, d’autres ont renoué avec les prises de vues grâce à l’application Photo installée sur les smartphones et qui, rappelons-le, a suscité un extraordinaire appel d’air pour la photographie versus digitale. Et puis il y a aussi ceux qui n’ont jamais délaissé cet outil aux propriétés magiques et qui ont décidé tout simplement de devenir photographe. 

Côté pro, les spécialités en photographie sont multiples et extrêmement variées. En réalité, seul l’outil est le dénominateur commun. Photographe animalier, scientifique, plasticien, sportif, archéologique, culinaire, de mode, de plateau cinéma, de guerre, d’architecture, de reportages, technicien de police, de reproduction d’œuvres, … Un véritable inventaire à la Prévert pour décliner la formidable richesse d’exploitation de cette camera obscura.

Qu’est-ce qui suscite l’engouement pour la photo?​

Plusieurs raisons agitent la caboche d’un photographe : L’émotion et la volonté de partager sa découverte, le prétexte pour aller à la rencontre des autres et des territoires méconnus, le goût immodéré de la liberté, les formidables opportunités professionnelles qu’offre le monde numérique pour la photographie d’aujourd’hui et l’expression artistique qui peut en découler.

1. Partage et transmission.

Des mains faisant des lettres formant le mot "LOVE" pour partager et transmettre une raison de devenir photographe, prise par Tyler Nix
Tyler Nix

La beauté capturée dans le regard d’un visage, d’un plat « signature » de la gastronomie, d’un paysage sauvage ou d’un moment historique, l’émerveillement devant la vie quotidienne d’une tribu, des troupeaux sauvages ou plus simplement la découverte d’un petit village languedocien, ne sont pas souvent accessibles à tous. La photographie permet le partage de ces voyages en format 2D. Et relayer l’image afin de l’offrir au plus grand nombre est sans aucun doute l’aspect le plus « nourrissant » pour un photographe. En partageant son regard, le photographe présente sa version de la vie, une partie de lui-même et qui, quand elle appréciée, confirme le professionnel dans ses choix.

Hans Silvester est photographe depuis qu’il a reçu pour son quatorzième anniversaire son premier appareil photographique. Ses voyages motivent ses reportages : des chevaux de Camargue aux tribus de l’Omo, de la pétanque au peuple gitan, du Japon à l’Amérique Centrale, des épouvantails à Pierre Rabhi, cet infatigable pèlerin à l’œil aiguisé ne cesse de nous montrer, encore aujourd’hui, la beauté des mondes qui habitent notre planète. Nourriture terrestre.

Portrait de Hans Silvester, qui a été motivé pour devenir photographe à l'âge de 14 ans
Hans Silvester
Portrait d'une femme en Éthiopie avec des peintures tribales sur son corps et des fleurs roses sur sa tête, pris par Hans Silvester
Hans Silvester
Homme jouant à la pétanque pris par Hans Silvester, photographe passionné de voyages
Hans Silvester
Portrait d'une personne en Afrique tenant une branche sur sa tête, pris par Hans Silvester
Hans Silvester

2. Une profession synonyme de passion

Le photographe Ben Blennerhassett dans la forêt, un métier synonyme de passion
Ben Blennerhassett

Quand la photo apporte le témoignage irréfutable d’une situation exceptionnelle, historique ou sociale, sa transmission n’en est que plus forte et pour certains photographes comme les reporters de guerre cela devient une raison d’être et sont même prêts à prendre tous les risques. On songe à Gilles Caron, mort au Cambodge à l’âge de 30 ans, qui avait couvert la guerre des 6 jours, le conflit du Biafra, la révolte de Mai 68, …  et a su saisir et résumer, en quelques photos, toute la dramaturgie des combats.

Portrait de Gilles Caron tenant un appareil photo
Gilles Caron
Photographie historique montrant des personnes en conflit devant la Sorbonne, prise par Gilles Caron
Gilles Caron
Portrait d'un homme à la guerre du Biafra, pris par Giles Caron
Gilles Caron

3. Un joyeux prétexte au vagabondage

Montagne sous le ciel bleu pendant la journée, prise par Ethan Dow, belle image pour motiver les gens à devenir photographe.
Ethan Dow

Le photographe a l’âme du « wanderer », celui qui s’abreuve de l’altérité, qui accepte une simple tasse de thé partagée avec un inconnu et qui prend la tangente avec un esprit de totale liberté. « Aller au bout du monde pour un bout de conversation » comme le notait le poète Barbey d’Aurevilly. 

L’appareil photo est à la fois un formidable passeport pour une belle aventure ou, tout au contraire, un élément de distanciation. Avec un boitier et un sujet, on quitte le statut de « touriste », fini les parcours balisés sans véritable échanges avec les populations. Là, on vient à la rencontre des gens dans un but ou un projet qui va mettre en lumière leurs actions, l’actualité d’une société ou la vie quotidienne de femmes et d’hommes. On est alors légitime pour pénétrer dans l’intimité des familles. Prétexte fabuleux qui permet donc autour d’une idée à développer de véritables rencontres et même de futures amitiés. 

Dans certaines contrées, où l’image est problématique notamment celle des personnes, il faut à l’inverse cultiver la discrétion, travailler la confiance et apporter des gages de respect. Une fois acquis, le cadeau est inestimable et inoubliable. Autant d’arguments donc pour continuer à faire ce métier et vagabonder en ayant cette curiosité insatiable du monde et la gourmandise des échanges.  

Il y a quelques années, les ouvrages de Roland et Sabrina Michaud nous fait découvrir une partie de l’Orient et de l’Asie alors méconnue, notamment la beauté de l’Afghanistan des années 60-70. Baccalauréat en poche, Roland Michaud part en bicyclette en Scandinavie avec l’Eastman Kodak à soufflet de son grand-père datant de 1894 !  D’autres voyages vont suivre en compagnie de sa femme : « L’Inde des mille et une nuit », « Caravanes de Tartarie », « les cavaliers », ces afghans pratiquant le jeu du Bouzkahshi, « Chasse à l’aigle chez les Kazakhs », … La rencontre avec les peuples de l’Islam : à lui, les portraits des hommes qui possèdent leur territoire exclusivement masculin, à elle, les prises de vues des cours ombragées des maisons orientales où les femmes acceptent l’objectif portée par une autre femme.

Portrait de Roland et Sabrina Michaud, photographes français
Roland & Sabrina Michaud
Hommes à cheval, pris par Roland et Sabrina Michaud, photographes français
Roland & Sabrina Michaud
Civilisation arabe, prise par Roland et Sabrina Michaud, photographes français
Roland & Sabrina Michaud
Portrait d'un enfant réalisé par Roland et Sabrina Michaud, photographes français
Roland & Sabrina Michaud

4. Les opportunités du digital

Photogramme de film Matrix pour illustrer les options numériques pour les photographes
Markus Spiske

Avec l’apparition de la photo numérique et celle des réseaux sociaux, les images se sont démultipliées de manière exponentielle. Armés d’un simple smartphone, nous prenons aujourd’hui tous des photos : de notre vie, de nos rencontres, de nos plats dégustés, de notre chambre d’hôtel, et… avec un certain talent ! 

Les applications dédiées à l’embellissement de nos prises de vues sont légion et de très bonne qualité. Elles invitent à travailler, repenser chaque photo et ce coup-de-pousse inestimable a même suscité quelques vocations (inavouées). Avez-vous remarqué autour de vous, le nombre de personnes qui proposent chaque semaine des images sur leur page Facebook, qui s’aventurent même vers une exposition de leur travail en partageant leurs images sur l’application Instagram et envisagent même de vendre leurs créations ?  Devant la qualité de ses propres images, on n’hésite plus à personnaliser son CV, à créer de véritables « mood board » pour appuyer un dossier ou un projet. 

La photo est portée de main des plus dégourdis. Saluons les influenceuses et influenceurs qui rythment leur vie par des shootings quotidiens. Les univers de la mode, de la gastronomie, des voyages ont compris le pouvoir de la photographie et sa faculté à faire circuler rapidement, à travers les réseaux sociaux, les dernières tendances ou les nouveaux produits. De nouvelles professions ont donc vu le jour. Produits de beauté, bijoux ou vêtements de marque constituent aujourd’hui une part importante des photos envoyées régulièrement par les community manager ou influenceurs du monde entier. Des partenariats qui deviennent un vrai business.

L'invitation de Monica Anoz à un défilé de Chanel, une Espagnole devenue photographe, travaillant avec des marques de luxe
Monica Anoz portant un vêtement Louis Vuitton avec un chemisier, une Espagnole devenue photographe, travaillant avec des marques de luxe
Monica Anoz
Monica Anoz dans la plage, une Espagnole devenue photographe, travaillant avec des marques de luxe

À titre d’exemple, Jonathan Bertin qui décide de se spécialiser dans les voyages et la photographie et collabore avec de nombreuses marques. Jonas Ardon, créateur digital, fou de nature et des grands espaces nordiques ou encore Monica Anoz, la belle espagnole qui se partage en Madrid et les îles Baléares et que s’arrachent les grandes marques de luxe.

5. La fibre artistique au bout de l’obturateur

Peinture abstraite grise et bleue, prise par Daniele Levis Pelusi, moyens artistiques pour devenir photographe
Daniele Levis Pelusi

Autre raison de partir boîtier en bandoulière, ceux qui souhaitent proposer une vision poétique ou plus plasticienne du monde, comme le ferait un peintre ou un sculpteur. L’appareil photographique s’exprime à la manière d’un pinceau, esquisse une vision très personnelle, voire imaginaire. Collage de pièces photographiques, ajouts de matières textiles ou d’écriture à l’encre. L’image est le point de départ de l’œuvre mais n’en constitue pas nécessairement la pièce maîtresse. Dédoublée, morcelée, surexposée ou sous-exposée, en version positive, en négatif XXL, la texture photographique offre une lecture au même titre que le sujet photographié. 

Ce type d’images ne s’adressent plus aux festivals de la photographie classique tels qu’on les connaît. Ces prises de vues à forte valeur ajoutée artistique s’exposent dans les galeries ou les musées, à l’image du travail plastique des jumeaux new yorkais Doug et Mike Starn. Les frères Starn revendiquent une approche plus philosophique de la photographie. Leurs interventions ne se résument pas à des exhibitions mais également à des installations. Une vision en 3D dans laquelle ils permettent au public de s’immerger dans leur travail photographique.

Portrait de deux hommes, pris par Doug et Mike Starn, pour illustrer un autre style pour les photographes
Doug & Mike Starn
Approche artistique d’un tableau avec un homme, prise par Doug et Mike Starn, une autre façon de montrer un style différent pour ceux qui veulent devenir photographe.
Doug & Mike Start
Photo artistique d’une tableau d'arbre, prise par Doug et Mike Starn, approche philosophique de la photographie
Doug & Mike Starn

Après ce tour d’horizon de toutes les formidables déclinaisons que le métier de photographe offre aujourd’hui, quelles seraient, selon vous, les bonnes raisons pour attraper sac, objectifs et boîtier et tenter votre propre aventure photographique ?

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